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/ 2019

Adapter les tissus urbains au réchauffement climatique

Adapter les tissus urbains de la métropole bordelaise au réchauffement climatique

Objet de l’étude

Cette étude vise à la fois à proposer une méthodologie d’adaptation des tissus urbains de la métropole au phénomène d’îlot de chaleur urbain et à formuler des recommandations de meilleure prise en compte de cet enjeu dans le PLU 3.1 de Bordeaux Métropole.

Note de Synthèses

La récurrence des épisodes de grande chaleur au niveau national, et sur la métropole bordelaise en particulier, met en évidence l’urgence d’intervenir sur les problématiques de surchauffe urbaine. Les impacts sanitaires du réchauffement climatique ne sont plus à démontrer, qu’il s’agisse des problèmes d’hyperthermie et de déshydratation (pouvant entraîner notamment le décès des personnes âgées) ou des conséquences sur la qualité de l’air (certains polluants atmosphériques se transformant en ozone par forte température). Des études vont jusqu’à établir des corrélations entre les épisodes caniculaires et la hausse du taux de suicide.

Le réchauffement climatique devient donc un enjeu de santé publique majeur et il n’est pas étonnant que la plupart des grandes métropoles françaises en aient fait l’une de leurs priorités d’action. En 2014, Bordeaux Métropole s’est saisi de cette question en commandant une étude visant à mieux comprendre le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) sur son territoire. Des imageries satellitaires, associées à une campagne d’images thermiques aériennes et de mesures de température au sol, ont permis de disposer d’éléments de connaissance à différentes échelles. Un plan d’action, structuré en 34 fiches-actions, vient conclure l’étude.

La réflexion engagée par l’agence et restituée dans le présent rapport s’inscrit dans la continuité de cette étude, en répondant à un double objectif :

  • d’une part, proposer une approche territorialisée des îlots de chaleur urbains, visant à analyser, à l’échelle des tissus urbains constitutifs de la métropole, les éléments de connaissance produits par l’étude précédemment citée ;
  • d’autre part, mettre en oeuvre l’action 8.1 du plan d’action : « Intégrer des éléments de lutte des ICU dans les documents de planification (PLU) ».

La version révisée du plan local d’urbanisme de Bordeaux Métropole a été approuvée le 16 décembre 2016. Son règlement comprend 140 zonages différents.
Il n’était naturellement pas envisageable d’analyser le phénomène d’ICU à l’échelle de chacun de ces zonages. Un premier travail a donc à regrouper ces 140 zonages en familles morphologiquement cohérentes du point de vue des questions climatiques.
Cela a permis de définir 21 familles, qui présentent chacune un comportement spécifique au regard du phénomène d’ICU. La superposition des images thermiques satellites avec les zonages de ces 21 familles a permis de comprendre, de façon « macroscopique » le fonctionnement climatique de chaque famille. En croisant ce niveau d’aléa avec la population présente au sein de chaque famille (résidents+emplois), a pu être qualifié le niveau de « risque climatique » de ces 21 familles.

Cette analyse macro-territoriale a donc permis, in fine, d’identifier les familles pour lesquelles le risque climatique est fort, c’est-à-dire celles pour lesquelles l’effet
d’îlot de chaleur urbain est prégnant et la population exposée importante.
Afin d’aboutir à la formulation de recommandations réglementaires au sein du PLU 3.1 de Bordeaux Métropole, il était cependant nécessaire d’approfondir les analyses conduites à l’échelle macro-territoriale par des approches plus fines, à l’échelle des différentes familles.

Pour cela, six familles à traiter prioritairement ont été identifiées, à partir d’une double entrée :

  • avoir une représentativité au sein des grandes catégories de tissus urbains de la métropole (tissus patrimoniaux, tissus de grands ensembles, tissus pavillonnaires, zones d’activités économiques et commerciales) ;
  • choisir des familles pour lesquelles le risque climatique est fort, ou à défaut, moyen.

Ont ainsi été retenus les tissus « Immeubles de rapport », « Échoppes, faubourgs et maisons de ville à l’alignement », « Tissus pavillonnaires compacts », « Grands ensembles faisant l’objet d’une rénovation urbaine », « Zone d’aménagement commercial » et « Zone économique généraliste à prédominance de bureaux ».
Pour chacune de ces familles, la méthodologie d’analyse a consisté à identifier un « secteur-test », qui soit particulièrement représentatif de la famille considérée. Sur ce secteur, sont alors conduites des analyses morphologiques au regard des paramètres urbains impactant l’effet d’îlot de chaleur (précisés dans la première partie du rapport). Ces analyses permettent d’identifier les qualités à conserver et les éléments à corriger sur le site d’étude en termes de micro-climat urbain. De là découlent des recommandations génériques pour améliorer l’effet d’îlot de chaleur urbain sur le tissu en question.

Lorsqu’elles s’y prêtent, ces recommandations sont traduites en propositions de traductions réglementaires (règlement écrit du PLU et orientations d’aménagement et de programmation), qui s’appliquent, de facto, à l’ensemble des zonages constitutifs de la famille étudiée.
Pour l’année 2018, deux familles parmi les six retenues ont fait l’objet d’une telle analyse : les tissus pavillonnaires compacts (avec un test sur le secteur de Saint- Médard-en-Jalles Hastignan) et les immeubles de rapport (test sur le secteur Tourny-Fondaudège à Bordeaux).

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