Après plusieurs années d’observations et d’analyses des quartiers récents, l’a-urba propose une capitalisation des savoirs, à partir de cinq études réalisées entre 2017 et 2025, à Bordeaux et à Bègles. Cette synthèse des enseignements est centrée sur la parole habitante et usagère, dans l’objectif de faire un état des lieux de la vie dans les quartiers récents, de comprendre les points forts et points faibles à hauteur de femmes et d’hommes ayant tenté l’expérience de vivre dans un quartier neuf.

Si les habitants et les usagers sont globalement satisfaits de la qualité de vie et de leur logement, la mise en route, entre le projet dessiné et promu et la vie de tous les jours, nécessite une solide gestion quotidienne et une bonne communication. La normalisation du « neuf » dépend ainsi de la capacité à construire une véritable médiation entre les logiques de production urbaine et les réalités du vécu habitant.

Les quartiers nouveaux, des quartiers à part ? Oui et non. L’envie d’espaces de sociabilité, de proximité des commodités, d’accès à des espaces verts de qualité, de lutte contre les déchets et les incivilités, les problématiques de stationnement, de vis-à-vis ou de nuisances sonores, les désagréments liés aux dysfonctionnements de certaines copropriétés ou de désir d’un bon investissement immobilier… sont communs à la vie urbaine, qu’on vive dans le neuf ou dans l’ancien. Ce qui les différencie est probablement lié à la figure des « habitants pionniers », l’impact dans leur vie quotidienne de vivre « la ville en chantier » (plus ou moins important selon l’ampleur et la temporalité des projets), leurs attentes élevées envers le « neuf », où tout défaut peut briser la confiance dans le système tout entier et l’adhésion à ces quartiers en devenir.

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