Quels enjeux en Gironde ?

D’ici 2040, la Gironde connaîtra un vieillissement démographique important mais inégal selon les territoires. En 2021, les 65 ans et plus représentent déjà un habitant sur cinq (326 000 personnes). Les projections estiment qu’en 2038, ce nombre atteindra 420 000 personnes, soit une croissance de 37 %. Les 80 ans et plus passeront de 94 000 à plus de 140 000, représentant une hausse de près de 50 %.

Les comportements de mobilité des seniors se caractérisent par une décroissance progressive. Passés 55 ans, la part de personnes immobiles un jour donné augmente rapidement, atteignant 50 % après 85 ans. Les distances parcourues sont divisées par trois entre 70 et 85 ans. Les seniors privilégient quasi exclusivement deux modes : la marche et la voiture, l’usage des transports collectifs et du vélo diminuant fortement avec l’âge.

Les territoires les plus concernés par le vieillissement sont l’arc rural (Haute Gironde, sud Gironde, est de l’Entre-deux-Mers), le Médoc, le littoral atlantique et surtout la couronne bordelaise. Bordeaux Métropole reste relativement jeune, mais verra néanmoins ses effectifs de plus de 65 ans augmenter de 35 000 personnes.

Les seniors de demain ne seront pas ceux d’hier. Les baby-boomers, habitués à l’automobile et aux technologies numériques, sont plus autonomes que les générations précédentes. Cependant, plusieurs incertitudes demeurent : évolution de l’espérance de vie, impact du recul de l’âge de la retraite, développement des véhicules autonomes, évolution des modes de sociabilisation.

Trois scénarios ont été modélisés pour 2038. Le premier maintient les comportements constants, générant une hausse de 22 % des déplacements des seniors. Le deuxième intègre une baisse de l’usage de la voiture, permettant d’atténuer l’impact mais sans l’annuler. Le troisième suppose un recul de l’âge de départ en retraite, provoquant une hausse importante de la mobilité allant à l’encontre des objectifs de décarbonation.

Les enjeux pour les politiques publiques sont multiples. Il faut développer une approche transversale intégrant habitat, aménagement et mobilité, améliorer la qualité des parcours piétons, ralentir les rythmes urbains, et accompagner les seniors dans leurs déplacements. Le vieillissement peut aussi devenir une opportunité : les jeunes retraités actifs constituent une ressource pour la vie associative, tandis que les territoires périurbains peuvent se transformer en lieux de sociabilisation dynamiques.

La mobilité des seniors constitue avant tout un enjeu de qualité de vie plus que de décarbonation, leur impact en termes d’émissions restant relativement modéré par rapport aux actifs.

 

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