24.11.2022
La circulation entre Bordeaux et son agglomération
Analyse des temps de parcours en voiture entre 2017 et 2021
Comme toutes les grandes métropoles, Bordeaux connaît une congestion importante, notamment aux heures de pointe, de nombreux articles en témoignent régulièrement dans la presse.
Générée par une concentration de véhicules supérieure à la capacité de la voirie, la congestion routière est cependant difficile à mesurer. Son impact sur l’usager dépend de plusieurs paramètres comme son intensité, sa durée ou sa fréquence. Induisant une incertitude sur l’heure d’arrivée, elle génère une grande insatisfaction des automobilistes et sa perception elle-même fluctue au gré de l’impatience du voyageur. Une approche simple est de l’aborder par la mesure des temps de parcours ou plus précisément, par le temps additionnel requis pour réaliser un trajet par rapport à une période fluide.
À partir de données collectées via Google Maps, l’observatoire des mobilités et des rythmes de vie a analysé les temps de parcours quotidiens en voiture entre Bordeaux et les communes de son aire urbaine, dans les deux sens, entre 2017 et 2021.
Cette analyse permet d’objectiver l’impact de la congestion sur les durées de déplacement, d’en mesurer les évolutions dans le temps et de dégager les différences territoriales.
Plusieurs projets actuellement à l’étude pourront infléchir ces tendances, comme le RER métropolitain, l’ouverture de voies dédiées au covoiturage, la stratégie des mobilités ou le plan vélo. Ce diagnostic peut également alimenter la réflexion sur les équilibres habitat-emploi ou contextualiser les plans de déplacements inter-entreprises.
Ce qu’il faut retenir
Les conditions de circulation au sein de l’aire urbaine de Bordeaux génèrent un allongement des temps de parcours de 29 % à 35 % selon les sens de circulation. Après une hausse de 2017 à 2019, la pandémie n’a été qu’une courte parenthèse dans la congestion de la métropole bordelaise. En 2021, les temps de parcours ont rapidement retrouvé leur niveau de 2019, notamment sur le deuxième semestre.
Certains trajets notamment ceux nécessitant le franchissement de la Garonne ou ceux empruntant l’A62 semblent particulièrement impactés par le trafic.
Néanmoins, malgré la congestion, les temps de trajets en voiture restent bien souvent inférieurs aux temps proposés par les transports en commun lorsqu’ils existent. Pour ces trajets, certaines améliorations à même de faire évoluer les pratiques auront lieu avec le développement progressif du RER métropolitain. Une des solutions à la limitation de la congestion réside également dans un déploiement plus important du covoiturage, mais celui-ci reste difficile à mettre en œuvre.
Enfin, les vitesses observées en cœur d’agglomération montrent une compétitivité réelle du vélo en termes de temps de trajet. Cette tendance pourrait s’accentuer avec la poursuite des aménagements dédiés, comme la réalisation du réseau ReVE (Réseau Vélo Express) sur le territoire de Bordeaux Métropole
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