Édition 2025

Chaque année, l’observatoire des mobilités et des rythmes de vie publie une synthèse des chiffres clés de la mobilité en Gironde. Dans ce panorama est dressé un état des lieux des grandes tendances départementales, en matière d’usage et d’offre en transports collectifs, de motorisation et d’usage de la voiture, de pratique du vélo et d’évolution de la qualité de l’air.

L’essentiel 2024

En 2024, l’offre en transports collectifs augmente nettement en Gironde, portée notamment par la restructuration du réseau de bus TBM. La fréquentation des réseaux urbains progresse à un rythme encore plus élevé, de même que celle des gares. Le trafic routier semble en revanche se stabiliser. Le parc de véhicules girondin franchit la barre symbolique du million de véhicules ; cette hausse demeure cependant très modeste et principalement liée à la croissance démographique. En revanche, le renouvellement vers des sources de motorisation plus récentes s’intensifie : les véhicules exclusivement thermiques ne représentent plus qu’un tiers des ventes de véhicules neufs. Enfin la qualité de l’air continue à s’améliorer, les concentrations en dioxyde d’azote et en particules fines poursuivent leur baisse. Le bilan est donc dans l’ensemble positif, mais ces grandes tendances devront s’accélérer pour tenir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, fixés par le SRADDET et issus de l’Accord de Paris sur le Climat.

 

L’enjeu de la décarbonation des transports

En 2023, le secteur des transports en Gironde a généré 62 % des émissions liées aux activités humaines du département (ensemble Région Nouvelle-Aquitaine : 45 %), pour seulement 40 % de la consommation en énergie finale. Soit 4 774 kt CO₂ eq. — c’est seulement 4 % de moins qu’en 2010, alors que le total des émissions du département a diminué de 29 %.

Ces émissions sont pratiquement équivalentes à l’objectif total tous secteurs confondus fixé par le SRADDET en Gironde pour 2030 (5 154 kt CO₂ eq.), et représentent le double de celui fixé pour 2050 (2 343 kt CO₂ eq.). Par rapport à 2010, le secteur des transports devra abaisser ses émissions de 45 % d’ici 2030, et de 94 % d’ici 2050. L’enjeu est également économique : le secteur des transports ne représente que 40 % de la consommation en énergie finale en Gironde, mais près de la moitié (49 %) du coût total en énergie.

La répartition par secteur des émissions de gaz à effet de serre en Gironde et objectifs fixés par le SRADDET

Les transports collectifs

Au sein de la métropole bordelaise, la fréquentation des transports collectifs atteint un niveau record. Le tramway enregistre près de 73 millions de voyages, record absolu, en nette progression sur un an (+7 %), dans la continuité des dernières années (+20 % depuis 2019). Le bus comptabilise quant à lui 39 millions de voyages (+5 % sur un an), et dépasse le niveau record atteint avant la crise sanitaire. Cette augmentation est notamment portée par la première année complète du bus express G (4 % des validations totales du réseau TBM) et par le succès de la restructuration du réseau bus à l’automne 2023. Le Bato voit sa fréquentation augmenter de 19 % en 2024, avec 320 000 voyages. En estimant la non-validation, TBM évalue à 186 millions de voyages la fréquentation totale du réseau métropolitain, +7 % par rapport à 2023.

Ailleurs en Gironde, l’attractivité des réseaux de transports urbains est la même. Le réseau Baïa (Sud-Bassin) atteint le seuil symbolique des 2 millions de voyages (+13 %). Calibus (réseau de bus du Libournais) franchit la barre du million et demi de voyages (+5 %). La fréquentation du réseau de cars Nouvelle-Aquitaine est stable entre 2023 et 2024 (environ 4,6 millions de voyages), avec notamment le lancement de la ligne express 430 Blaye-Bordeaux.

Des gares girondines dont la fréquentation augmente chaque année

Les gares girondines ont reçu près de 40 millions de voyageurs, dont 23 millions en gare Saint-Jean (+2 % en 2024, soit +30 % par rapport à 2019). Les 67 autres gares ont vu leur fréquentation totale augmenter de 7 % par rapport à 2023. Depuis 2015, la fréquentation totale de ces gares a bondi de 75 %. En 2024, six gares ont dépassé le million de voyageurs, dont la gare de Cenon qui franchit ce seuil pour la première fois. Sur plusieurs années, la hausse la plus importante concerne le corridor entre Bordeaux et le Libournais, où la quasi-totalité des gares a triplé sa fréquentation en moins de dix ans. Cette dynamique devrait se poursuivre grâce au déploiement des Services express régionaux métropolitains (SERM).

Les grandes portes d’entrée

La fréquentation de la gare Saint-Jean poursuit sa hausse (+2 % par rapport à 2023, soit 30 % de plus qu’en 2019). À l’aéroport Bordeaux-Mérignac, le nombre de passagers stagne en 2024 à 6,6 millions. Si la fréquentation des vols internationaux retrouve le niveau de 2019, la baisse par rapport aux années pré-COVID concerne surtout les vols domestiques. La suppression du vol Bordeaux-Orly est perceptible, et il est probable qu’une part importante du trafic se soit reportée sur le train. Le nombre de vols est en baisse, mais du fait d’avions plus capacitaires ou plus remplis, le nombre de passagers par vol (134 en moyenne) augmente constamment (79 en 2010). Le Grand Port Maritime de Bordeaux a accueilli près de 87 000 passagers sur 1 772 mouvements de navires (+6,5 % par rapport à 2023), pour plus de 6,3 millions de tonnes de marchandises transitées.

La voiture

De façon générale, le trafic se stabilise sur l’ensemble du réseau national et sur la rocade. La hausse constatée depuis la sortie de la crise sanitaire marque un véritable coup d’arrêt. En moyenne sur les neuf points de comptage suivis, le trafic est même en très légère baisse (−0,4 %). Les baisses les plus marquées s’observent en approche de la métropole (A63, N89). Le volume le plus important demeure observé sur la rocade au sud, au niveau de Gradignan, avec près de 134 000 véhicules par jour en moyenne annuelle.

Le covoiturage via les plateformes demeure une pratique minoritaire, mais en très forte croissance. En 2024, le nombre de trajets déclarés a progressé de +127 % par rapport à 2023, et a pratiquement été multiplié par dix en seulement trois ans (de 12 000 trajets en 2021 à plus de 114 000 en 2024). Cette progression s’effectue surtout sur les trajets de courte distance, en particulier ceux de moins de 10 kilomètres (+180 % en un an), qui représentent aujourd’hui plus d’un tiers des trajets déclarés. Il convient de rappeler que, d’après l’enquête mobilité des personnes, 96 % des trajets covoiturés se font de manière informelle, sans utiliser une plateforme de mise en relation.

Le parc total girondin dépasse pour la première fois la barre symbolique du million de voitures en circulation (+1 % par rapport à 2023). Cette hausse est principalement corrélée à la croissance démographique, sans hausse du taux de motorisation : le nombre de voitures par habitant reste stable (59 voitures pour 100 Girondins). En revanche, le renouvellement s’intensifie vers des motorisations alternatives : les véhicules hybrides, électriques et gaz représentent désormais 12 % du parc — leur part a pratiquement doublé en deux ans — et 65 % des ventes de véhicules neufs. Les voitures diesel, qui représentaient 63 % du parc en 2017, constituent en 2024 moins de la moitié du parc girondin (47 %).

Le vélo

La pratique du vélo n’a cessé d’augmenter sur le territoire métropolitain, marquant une hausse de +6 % en 2024. Le service le Vélo (anciennement Vcub) se stabilise autour du million de locations annuelles. La première année complète du service Calivélo (Communauté d’Agglomération du Libournais) rencontre un franc succès, avec près de 160 000 emprunts.

La qualité de l’air

La qualité de l’air continue de s’améliorer. Les concentrations en dioxyde d’azote confirment la baisse amorcée en 2023 sur l’ensemble des stations du réseau (−7 %), avec une diminution particulièrement marquée aux abords des grands axes routiers — boulevard Antoine Gautier à Bordeaux et avenue de l’Yser à Mérignac. Les concentrations en particules fines PM10 poursuivent également leur recul (−5 %). En 2024, une nouvelle station de mesure complète le réseau à Floirac (avenue de Branne).

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