Les effectifs scolaires du primaire sont globalement en baisse en Gironde depuis quelques années, suivant en cela, avec quelques années de retard, la tendance nationale. Mais de très grandes différences s’observent au sein du département et les dynamiques sont à nuancer.
Présenter ces différences et les analyser au prisme des dynamiques démographiques et résidentielles est l’objectif de cette étude. Cela permettra notamment de dresser une nouvelle géographie des dynamiques territoriales girondines, appréhendées à l’échelle des intercommunalités.
Des effectifs scolaires en baisse depuis la rentrée 2020
147 056 élèves de primaire ont fait leur rentrée en septembre 2024. C’est presque 5 900 de moins qu’en 2019, mais néanmoins plus qu’en 2010 et ses 139 571 écoliers. Les effectifs scolaires du primaire ont en effet augmenté régulièrement jusqu’en 2018 et sont en baisse depuis.
Si les effectifs sont en baisse depuis 2019, cette décroissance est sensiblement moins importante que celle observée en France et surtout moins précoce. Les effectifs de préélémentaire décroissent en effet depuis la rentrée 2014 en France, alors que la baisse est marquée en Gironde seulement depuis 2019
Une Gironde des enfants à trois vitesses
Depuis 2010, les effectifs des classes primaires de Gironde ont augmenté de + 5 %. Mais cette croissance ne s’est pas observée dans tous les territoires : l’est du département, la Haute Gironde, le Médoc et la COBAS ont observé une décrue durant cette période, au contraire de la métropole et de territoires péri-métropolitains.
L’analyse conduit à sept classes d’intercommunalités girondines, qui peuvent être résumées en trois grandes catégories :
- la métropole atypique
- les EPCI au dynamisme démographique modéré
- les EPCI aux fortes dynamiques démographiques
Bordeaux Métropole constitue sa propre classe. Elle est caractérisée par une croissance des ménages, et surtout des ménages avec enfants de moins de 11 ans. Malgré ces arrivées importantes, les départs de ménages entre la naissance des enfants et leur entrée en préélémentaire sont nombreux.
Pour les générations complètes nées de 2007 à 2014, pour 100 enfants scolarisés en PS, 112 l’étaient en CM2. Cela illustre l’attractivité de la Gironde, qui a gagné 12 % d’enfants de ces générations. Un tassement récent s’observe cependant dans la progression des cohortes.
Les composantes démographiques
18 000 Girondins supplémentaires chaque année : la Gironde est le quatrième département métropolitain français pour sa croissance démographique entre 2016 et 2022.
Avec environ 15 400 naissances et 14 900 décès annuels, la Gironde fait partie des départements français au solde naturel encore positif. Cependant, avec le vieillissement de la population et la baisse des naissances, il tend à s’amenuiser. Le solde naturel en 2024 n’était plus que de 520 personnes, contre 1 200 l’année précédente.
80 % de la croissance démographique de la Gironde proviennent de son solde migratoire et 20 % de son solde naturel. En 2021, 55 100 personnes se sont installées en Gironde. C’est plus que l’ensemble des personnes ayant déménagé d’un EPCI girondin à un autre, qui sont 41 900.
Les arrivées en Gironde apportent des enfants, en particulier des enfants des classes préélémentaires. Parmi les personnes qui s’installent dans un EPCI girondin, la part des non girondins est très variable, allant de 79 % pour Bordeaux Métropole à 19 % pour les Coteaux Bordelais.
Implications pour les territoires
C’est entre les 3 et 6 ans de l’enfant que la croissance est la plus importante. Les changements de résidence au sein de la Gironde sont très nombreux : 41 900 personnes ont changé d’EPCI girondin en 2021, soit 2,5 % de la population.
L’anticipation résidentielle est nécessaire, et doit se décliner au niveau des équipements. Alors que les effectifs scolaires sont orientés à la baisse au niveau national (– 20 % entre 2014 et 2024), la question de la deuxième vie des locaux scolaires risque de se poser plus fréquemment que celle de leur extension.
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