Vers un socle de la qualité urbaine pour de nouvelles formes urbaines et d’habitat
Construire la métropole de demain
Changement climatique, crise du logement, raréfaction des ressources : Bordeaux Métropole a engagé une réflexion sur l’habitat à travers son programme « Métropole amplifiée ». L’objectif ? Définir les formes urbaines qui permettront de bien vivre ensemble tout en préservant nos espaces naturels.
De décembre 2024 à mai 2025, élus métropolitains, maires et adjoints à l’urbanisme ont travaillé collectivement lors de trois séminaires et plusieurs visites de terrain. Cette démarche, pilotée par Michel Labardin, délégué métropolitain aux nouvelles formes urbaines et d’habitat, avec l’accompagnement de l’a-urba et de Jean-Yves Chapuis, a permis d’identifier des principes partagés pour la qualité d’habiter.
Pourquoi repenser nos formes urbaines ?
Protéger les espaces naturels, agricoles et forestiers implique d’optimiser les espaces déjà artificialisés. Comment produire les logements dont on a besoin sans gaspiller le foncier ? La nécessité de développer la ville à partir de l’existant et de prendre en charge les questions environnementales met en question les formes urbaines existantes ou à créer.
L’habitat joue un rôle central dans la qualité de vie. Une métropole où il fait bon vivre nécessite un consensus sur le socle commun des qualités d’habiter, qui concerne autant la constitution du logement que les caractéristiques de l’opération d’aménagement et du quartier.
Face aux crises climatiques, sanitaires et sociales, le logement conditionne notre bien-être et notre santé. C’est à l’échelle d’un bâtiment, d’une opération ou d’un quartier que des relations sociales peuvent se nouer et que des solutions à différents besoins humains peuvent être trouvées. Les constructions s’inscrivent dans des situations et contextes variés qu’il faut respecter.
Le rôle central des élus
Les élus ont mis en avant la nécessité d’être présents à toutes les étapes d’un projet :
- Avant l’achat d’un terrain, lors des échanges informels avec les potentiels acquéreurs et les propriétaires fonciers
- Lors de l’élaboration du projet, pour le co-construire avec le porteur de projet et l’adapter au territoire
- Tout au long de la mise en œuvre, pour s’assurer de la continuité des principes et des engagements pris
- Dans la vie du projet, pour accompagner l’appropriation et vérifier que les qualités sont effectives
Huit défis à relever
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- Garantir la qualité de vie avec des logements offrant des espaces suffisants et adaptables, des pièces communes et des espaces intimes
- Créer des espaces de rencontre pour renforcer le lien social au quotidien
- Conserver des sols vivants, favorables à la biodiversité et au cycle de l’eau
- Impliquer les habitants dans les projets d’aménagement, en faire des acteurs et défenseurs des projets à venir
- Favoriser une ville intense et de proximité par la diversité des services, l’animation des rez-de-chaussée et des aménagements favorables à tous les modes de déplacement
- Assurer une qualité de construction face aux impacts climatiques (isolation, matériaux biosourcés, énergies renouvelables)
- Concevoir des projets résilients face aux risques : inondations, canicules, feux de forêts, retrait-gonflement des argiles
- Promouvoir la sobriété foncière et des formes urbaines contemporaines adaptées aux contextes existants
Quatre axes stratégiques, vingt-neuf principes
Un habitat pérenne et adaptable – capable d’accueillir la diversité des ménages sur le plan environnemental, humain et territorial, tout en s’inscrivant dans la morphologie des quartiers existants.
Un habitat confortable et sain – avec des volumes généreux, une luminosité optimale, des prolongements extérieurs de qualité et des matériaux sains.
Un habitat pratique et fonctionnel – qui simplifie la vie quotidienne grâce à des espaces de rangement adaptés, la proximité des services essentiels et des mobilités alternatives facilitées.
Un habitat abordable – offrant un bon rapport qualité-prix, en priorisant l’essentiel et en optimisant les coûts de fonctionnement.
Ces quatre axes se traduisent par vingt-neuf principes concrets qui touchent aussi bien l’échelle du logement que celle du quartier : logements traversants pour la ventilation naturelle, protections solaires intégrées, espaces extérieurs privatifs généreux, espaces communs conviviaux, végétalisation renforcée, gestion sobre de l’eau, mixité intergénérationnelle, services de proximité, limitation du stationnement automobile…
La balade sensible : évaluer la qualité perçue
Pour évaluer les aménagements, Bordeaux Métropole a expérimenté la « balade sensible », une méthode développée par l’a-urba. À travers un questionnaire structuré, les participants expriment leurs perceptions sensorielles, leurs émotions et leur imaginaire face aux espaces visités.
Ces balades ont montré que la densité calculée n’est pas toujours synonyme de densité vécue. À densités équivalentes, le traitement d’un projet – présence du végétal, diversité des matériaux, percées visuelles, qualité des cheminements – influence considérablement la perception de l’environnement bâti.
Dans les tissus pavillonnaires, c’est l’équilibre entre sentiment du collectif et place donnée à l’appropriation individuelle qui détermine la qualité perçue.
Une démarche évolutive
Ce document constitue une première étape d’une démarche appelée à se poursuivre avec l’ensemble des acteurs de la fabrique urbaine. L’ambition : construire une métropole où il fait bon vivre, en conciliant sobriété foncière, qualité environnementale et bien-être des habitants.
Co-écrit avec Bordeaux Métropole
