Usages de l’espace public

Pumptracks, street workout, city-stades, joggeurs le long de la Garonne… Et si la ville tout entière était devenue un terrain de jeu ? Porté par le sport en accès libre — gratuit, flexible, sans inscription ni contrainte d’horaires —, l’engouement pour l’activité ludo-sportive transforme rues, quais, parcs et places en lieux de pratique. Faisant écho à la démarche « Espaces publics à vivre », l’a-urba interroge les liens entre pratiques sportives et espaces publics à l’échelle de Bordeaux Métropole.

Longtemps cantonné aux gymnases, stades et clubs, le sport a progressivement investi l’espace public. De la dalle de Mériadeck, conquise par les premiers skateurs à la fin des années 1970, jusqu’aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 disputés « dans la ville », un long mouvement d’appropriation s’est déployé. L’étude distingue deux familles d’espaces : les équipements dédiés en accès libre (skateparks, pumptracks, agrès de street workout, préaux sportifs) et les espaces du quotidien que les pratiquants détournent — un banc, un muret, un escalier, un trottoir, une place devenant supports de jeu et de sport par le principe d’affordance.

À travers la lecture des grands enjeux, l’analyse des pratiques et des typologies d’espaces, le livret met en lumière cinq défis : la santé publique, face à une sédentarité galopante ; la cohabitation des usages, entre clubs, pratiquants libres, riverains et promeneurs ; l’inclusion, alors que les femmes, les adolescents, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap restent largement à l’écart ; les mobilités actives, qui font du trajet quotidien un temps d’activité physique ; et l’adaptation au changement climatique, qui impose de penser les équipements comme des îlots de fraîcheur.

L’étude s’accompagne d’une cartographie de la « trame active » : où faire du sport à ciel ouvert dans la métropole bordelaise ? Elle recense les équipements en accès libre et les grands axes sportifs — corridors primaires et secondaires — propices au jogging, à la marche et au vélo, afin de faire connaître un patrimoine parfois méconnu des habitants comme des visiteurs.

Bien commun accessible à tous, à toute heure, sans inscription, le sport dans l’espace public s’affirme comme un véritable levier de santé publique. Encore faut-il l’aménager avec soin : en anticipant la cohabitation des générations et des genres, en n’oubliant pas les publics les plus éloignés, et en s’appuyant sur la concertation, le design actif et une gouvernance coordonnée. Activité physique, sportive ou ludique : peu importe le mot, l’essentiel est de se dépenser !

 

 

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