Dans un contexte de vieillissement de la population, l’ambition de prévenir la perte d’autonomie des séniors et de lutter contre leur isolement fait partie des priorités de la ville de Bordeaux.

L’enjeu important pour la Ville est de s’assurer qu’elle met tout en œuvre pour faciliter l’accessibilité de ces offres d’animation. L’accessibilité est abordée à la fois sous son angle géographique et sous un angle plus sociologique ou psychologique.

Démographie

14,8 % de la population bordelaise a plus de 65 ans. Bordeaux est la commune de Gironde qui accueille le plus grand nombre de personnes de plus de 60 ans (environ 50 000 personnes). Entre 20 et 25 % des ménages séniors habitant Bordeaux disposent d’un revenu inférieur à 1 400 € mensuel pour une personne seule.

L’offre d’animation

L’offre d’animation destinée aux séniors est principalement organisée par trois types de structures : l’association Oareil (université du temps libre), les échoppes séniors pilotées par la ville, et les ateliers Brach et Giono. 1 073 activités ou animations ont été recensées, correspondant à plus de 42 400 heures proposées au cours de l’année 2024/2025.

40 % des animations destinées aux séniors sont gratuites (éventuellement après acquittement d’un droit d’adhésion). Une majorité des activités / animations proposées aux séniors conservent une certaine disponibilité et ne sont pas saturées.

Accessibilité géographique

Les séniors qui bénéficient de l’accessibilité la plus élevée aux animations sont ceux qui résident dans l’hypercentre bordelais. Pour les séniors fragiles, l’accessibilité aux activités adaptées apparaît relativement limitée dans plusieurs secteurs du territoire communal : l’ensemble du quartier Caudéran, le nord du quartier Saint-Augustin, l’est du quartier de la Bastide, le nord de Bacalan.

Freins psychologiques et sociologiques

Les entretiens semi-directifs révèlent que des freins sévères affectent la volonté de certains séniors de participer aux activités qui leur sont dédiées :

  • Le rejet du vieillissement et la peur de la mort : participer à des activités dans des échoppes séniors pourrait ramener les enquêtés à leur propre condition de personne âgée.
  • La volonté de conserver son intimité et son optimisme face à une ambiance considérée comme étouffante et en vase clos : les conversations peuvent être trop intrusives, voire dériver sur du commérage.

Enseignements et recommandations

Les enjeux identifiés ne consistent pas forcément à accroître la quantité de l’offre d’animations existante. Ils renvoient davantage à :

(a) renforcer l’accessibilité de l’offre existante (spatiales, temporelles, financières, informationnelles)

(b) inciter davantage de séniors à se projeter positivement dans ces offres

Ces différents facteurs associés à la vie urbaine impliquent sans doute des exigences plus importantes pour les animations dédiées aux séniors urbains que celles proposées dans d’autres types de territoires.

 

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