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/ 2017

Portraits démographiques

La croissance démographique récente de Bordeaux Métropole

Embellie passagère ou tendance durable ?

Dans le paysage français, l’agglomération bordelaise a connu une des plus fortes croissances démographiques, seulement dépassée par celles de Montpellier, Toulouse ou Rennes. Et c’est l’ensemble du département de la Gironde qui fait preuve d’un dynamisme le plaçant au cinquième rang des départements métropolitains. Or pendant plusieurs décennies, la forte croissance girondine était portée plus par les territoires en dehors de Bordeaux Métropole, alors communauté urbaine, que par ses territoires centraux.
Conscients du phénomène, les élus ont affiché une ambition démographique élevée, qui doit permettre le recentrage territorial autour de l’agglomération bordelaise. Le Schéma de Cohérence Territoriale de cette dernière a ainsi exprimé cet objectif devant redonner du poids à l’aire métropolitaine au sein du département, et en particulier à son coeur d’agglomération. Il souhaite ainsi limiter l’étalement urbain et, pour cela, accueillir et retenir ses habitants, en particulier les jeunes ménages des classes
moyennes.
Le Plan Local de l’Urbanisme de Bordeaux Métropole, PLU 3.1, décline ces objectifs et met en place des outils réglementaires pour favoriser le logement abordable et la production de logements familiaux. Les évolutions de population récentes, tendent à montrer une inflexion opérée au début des années 2010 : une reprise de croissance depuis 2009-2010, associée à un regain des
naissances et une augmentation considérable des effectifs scolaires du cycle primaire.
Le pari démographique est-il en passe d’être gagné ?

Le lien complexe entre habitat et population

Après « la démographie, guide de l’action publique ? » qui a fait l’objet d’un atelier-débat en 2016, l’agence d’urbanisme poursuit ses explorations dans ce domaine. Or la démographie, science de l’Homme par excellence, ne peut se dissocier d’analyser son environnement. Il s’agit ici de mettre en évidence les relations entre un parc de logements et les caractéristiques de la population qui y réside. Même si deux logements similaires peuvent être habités par deux ménages de composition extrêmement différente, on peut observer des convergences à une échelle plus large et la population de chaque fraction du parc présente des caractéristiques propres. Très intuitivement, on sait que les ménages locataires et les ménages propriétaires ne sont pas les mêmes et que les rapporter au seul critère des ressources ou du pouvoir d’achat est insuffisant.
Cette publication a pour objet d’analyser la population de Bordeaux Métropole en fonction de son statut résidentiel :
propriétaires, locataires du parc privé, locataires du parc public. L’approche s’appuie essentiellement sur une analyse
des pyramides des âges, dont on pourra constater les dissemblances. Aux différences observées, on comprendra que cette analyse est une étape essentielle pour comprendre les dynamiques démographiques d’un territoire et que celles-ci découlent directement du type d’habitat qui a été construit dans son passé.

Les profils démographiques de l’aire métropolitaine bordelaise

Regarder le passé pour envisager l’avenir. Que nous apporte l’analyse de pyramides des âges ?

Une pyramide est une représentation graphique de la structure par sexe et âge d’une population. À une échelle nationale, elle met en évidence les effets de la fécondité, de la mortalité et des migrations. À une échelle locale, l’image qu’elle donne est la conséquence directe des dynamiques urbaines antérieures, de la construction du parc de logements et de son évolution. Par une image synthétique des variations du passé, l’analyse des pyramides des âges permet de dégager les marges de manœuvre du futur et de discerner les tendances lourdes inéluctables, comme le vieillissement de la population.
L’avenir des territoires dépend de nombreux facteurs : l’âge de leur parc de logements et ses statuts d’habitation, leur organisation urbaine et leur position territoriale, la localisation au regard des pôles d’emploi et leur desserte.

Toutes ces données concourent à créer des mouvements migratoires différents, signe d’une plus ou moins grande attractivité, elle-même intimement liée (à la fois cause et conséquence) aux prix immobiliers. Chaque territoire a donc une histoire unique, engendrant un profil qui l’est tout autant, ce qui se traduit dans la structure de sa population.
Une approche rétrospective, comparant la pyramide des âges d’un territoire à deux temps différents, ici 1990 et 2010, est un moyen d’identifier les impacts des choix de développement et d’évaluer les enjeux démographiques à venir. Cette analyse porte sur les communes de Bordeaux Métropole et les intercommunalités qui constituent l’aire métropolitaine.

A quoi servent les projections démographiques ?

Les élus sont très demandeurs de projections démographiques. Récemment installés ou aux commandes de leur municipalité depuis plusieurs mandats, ils ont besoin d’anticiper l’évolution de leur commune. Avoir une visibilité sur l’avenir probable de leur territoire doit les aider à prévoir et calibrer au mieux les services et les équipements destinés à leur population. Les communes les plus soucieuses d’une telle réflexion sont souvent celles inscrites dans une forte dynamique de construction et qui souhaitent anticiper les effets des nouvelles opérations sur la population communale. Cela leur permet ainsi de mieux discerner le lien entre la construction et la démographie et généralement de confirmer des observations ou des intuitions.
Mais réaliser des projections démographiques locales est un exercice exigeant et complexe, dont les principes et limites vont être présentés dans ce document. Avec celui-ci, l’a-urba complète sa série de publications relatives à la démographie, qui a pour ambition de la rendre accessible. En effet, ce qui apparaît parfois comme très technique peut en réalité aider à décrypter les dynamiques territoriales et à se préparer aux évolutions à venir.

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